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"La démocratie n'est pas dans l'origine populaire du pouvoir, elle est dans son
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Alain
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Extrait: "Il n’y a pas à choisir entre islam et République, car il n’y a pas à choisir entre religion et laïcité : la laïcité assure la liberté de conscience dont la liberté de culte fait partie. La loi républicaine ne demande que deux choses aux religions : renoncer à leur pouvoir civil ainsi qu’à exercer un droit de regard sur de prétendues « communautés », sortes de « chasses gardées » dont elles pourraient contrôler les mœurs". C. Kintzler
La laïcité face aux religions Entretien avec Catherine Kintzler Publié le 09 novembre 2011 à 14:30 dans Société www.causeur.fr
Coralie Delaume. L’étude récemment conduite par Gilles Kepel sur les « banlieues de la République » a remis sur le devant de la scène la question de la place de l’islam en France. Cette enquête montre que dans certains « quartiers », l’appartenance religieuse a pris la place d’une promesse républicaine non tenue. En disant cela, ne suggère-t-on pas un peu vite que l’islam et la République sont deux systèmes concurrents, voire inconciliables ?
Catherine Kintzler1 Il n’y a pas à choisir entre islam et République, car il n’y a pas à choisir entre religion et laïcité : la laïcité assure la liberté de conscience dont la liberté de culte fait partie. La loi républicaine ne demande que deux choses aux religions : renoncer à leur pouvoir civil ainsi qu’à exercer un droit de regard sur de prétendues « communautés », sortes de « chasses gardées » dont elles pourraient contrôler les mœurs.
Même si dans une République comme la France, on ne « reconnaît » aucune communauté, on demeure obligé de les « connaître ». Force est de constater qu’elles existent de fait, et qu’elles génèrent des solidarités particulières.
Peut-être, mais l’adhésion à une communauté doit demeurer totalement libre, et cette liberté comprend sa réciproque : chacun doit aussi être libre de se soustraire à « sa » communauté.
Il semble qu’il y ait, dans la France d’aujourd’hui, une sorte de retour aux solidarités religieuses. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Il existe des tentatives, par les religions, de réaffirmer leur pouvoir civil. Cette perspective régressive est suscitée par une politique de démantèlement des services publics, elle-même oublieuse des principes fondamentaux d’une république laïque. Partout où la solidarité civile s’efface, un boulevard s’ouvre devant la marchandisation et devant l’action d’associations qui s’engouffrent dans la brèche et qui pratiquent le clientélisme. Il n’y a pas de politique laïque sans une politique ferme et homogène de bons services publics, c’est pourquoi le combat laïc est inséparable du combat social.
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